Mon enfance fut une enfance pleine d’émotions.
Une partie de mon enfance, je l’ai passé à Bahrein durant la première guerre du Golf. Ce passage de ma vie est assez marquant.
Et comment ne pas être marqué par une guerre qui se situe à quelques pas de chez vous. Une guerre qu’on a subit en plein désert.
Quand l’invasion du Kuwait par les iraquiens a commencé, tout le monde a senti venir le coup. Dans un premier temps on avait décidé de quitter le pays, moi, ma maman et mes deux frères, pour échapper ainsi à la guerre. Ce fut le cas des plupart de la communauté tunisienne sur place. Mon père ne pouvait quitter. Et comment, il est journaliste, et la guerre arrive. A juste titre ma mère aussi est journaliste. Ils ne pouvaient quitter cepenant les deux à la fois.
Voilà que nos valises sont fin prêtes, elles sont dans le hall de l’appartement, on s’apprétait à quitter quand soudain, ma maman a décidé avec notre soutien, que la vie ne valait pas le coup d’être vécue les uns loin des autres. Laisser mon père et partir, vivre l’angoisse de ne plus jamais le revoir à des milliers de kilomètres fut une idée trop sanglante à supporter!
Alors, on a décidé qu’on devait vivre tous ensemble, ou si le destin voudrait qu’on meurt, beh on mourra tous ensemble.
Enfin, je vous passe les détails sur le comment du pourquoi. Back to the main subject ..
La guerre.
Ca y est, on a annoncé que les troupes américaines sont sur le point de commencer les hostilités, ca y est la guerre est là !
Les instructions données au peuple furent les suivantes :
– une chambre isolée de tout risque d’entrer d’air. On avait peur à l’époque des bombes chimiques de saddam. Alors, on avait une petite chambre dans laquelle on gardait vivres, eau et vetements. Toutes les fenêtres furent bloquées avec du plastique et du skotch.
On avait aussi dans la chambre Bunker, des seringues de toutes sortes, des combinaisons en plastique, des masques à gaz et j’en passe.
Un autre élément de ce décor fût la téloche. Element indispensable pour suivre les raids, les alertes et tout.
Pendant toute la guerre, on passait beaucoup de temps dans cette chambre. Nos vies, furent bercées au rythme des sirènes d’alerte. Comme celle de chaque mercredi du début du mois en France, pour ceux qui connaissent.
La pychose de la guerre :
Bahrein fut un ile tranquille, pas de soucis majeurs avec l’Iraq. Composée essentiellement de deux villes et quelques villages, elle fut aussi une base militaire pour les ricains. Ah ces ricains …
Terre d’accueil de plusieurs centaines de Kuwaitis, elle n’était pas cependant une cible prioritaire à priori.
Résultat des courses, et pour faire court, quelques bombes tombées sur nos côtes, enfin, il y’en avait un bon nombre, mais en comparant à ce que la région a subit, ce fut trois fois rien. Je me rappelerais cependant toujours des premiers jours, la peur qu’on pouvait lire dans les yeux de tout le monde, la panique, la recherche de refuges, les rockets anti missiles valsant durant les nuits peu paisibles, la ville complétement au noir pour ne pas être repéré.
Ce fut marquant.
Aussi, pendant les heures de cours, on devait porter un badge avec nom, prénom, (issem thoulathi comme ils disent), groupe de sang, adresse et tout.
Deux écrans me marqueront à vie :
Celui des alertes : Ecran rouge : “5a6ar”
Ecran vert : “Zala Al 5a6ar”.