Veilleur des ombres je suis, ombre parmi les ombres je traînasse sans but.
Portant le poids inutile et lourd d’une carcasse qui ne sert désormais à rien, un corps usé par le temps et la vie.
Je suis une feuille desséchée de toute sa sève, arrachée à son arbre et qui n’attend désormais plus rien, si ce n’est le moment incontournable, celui de la dernière expiration.
Veilleur d’une ville sans âmes.
Une ville sans maisons, sans quartiers, ni rues, sans voitures, ni marchands, sans buildings, ni taxis, ni coffee shop, une ville sans rien ni personne.
Un tas d’ombres s’y amassent, s’y tassent, ils respirent mais ne sont pas vivants.
A perte de vue, des visages tirés, des regards vides, des joues en décomposition, des jambes qui se trainent, des bras inertes le long de corps maigres et vétustes.
Ils parcourent tous le chemin de l’oubli.
Un chemin bien distingué, bien connu de ceux et celles qui sont passés de l’autre côté de la barrière.
Le long du parcours, le corps puzzle se défait, laissant tomber des morceaux entiers en vrac, des tas et des tas de pièces, comme si sur ce chemin, des morceaux de leurs histoires au sein de l’humanité sont en train de tomber dans les oubliettes.
Elle disparaît, leur humanité.
Peu à peu, tout disparaît. Les larmes qu’ils peuvent plus verser, les sourires qu’ils ont jamais pu exprimer, la gaieté qu’ils ont jamais pu éprouver, le bonheur qui les a souvent boudé, la douceur qui les a divorcé, le bien être qui leur a tourné le dos et la quiétude qui s’est évaporée.
Ils se débarrassent tous de leur ancienne peau, non pour en retrouver une nouvelle, loin de là. Ils délaissent leur enveloppe charnelle pour libérer l’ombre qui les habite depuis si longtemps.
Cette ombre gagne peu à peu le chemin des oubliés, de ceux qui ont un jour existé, enfin …. Ils ont certainement existé un jour, mais plus personne ne s’y intéresse, ne s’y était vraiment préoccupé de leur sort de leur vivant, alors que dire durant ce voyage au pays des ombres, au pays des oubliés…
Je veille pour la mémoire de tous ceux qui souffrent, de la solitude mais certainement plus de l’ingratitude. Ingratitude d’une humanité qui a perdu toutes ses valeurs.
Je veille sur des vies en bout de chemin, de mon lit d’hôpital plus connu sous le nom de maison de retraite.
Les miens m’ont aussi délaissé, la société m’a tout autant oublié.
Je m’éteins comme une bougie en pleine tempête.
Une bougie pas totalement consommée, mais, qui ne peut plus résister.
A quand la dernière expiration seigneur, pour en finir avec cette vie et gagner éternellement la paix …. gagner à mon tour le chemin de l’oubli ?
Si tu veux entre midi-deux je peux venir abréger tes souffrances.
Bien sur cela ne sera pas sans douleurs mais on ne peut pas tout avoir dans sa vie.
J’attends donc ta confirmation!
Et de quelle façon comptes t’y prendre



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A la hache
Une over dose de morphine
Tu casses un peu le charme du truc là …
(non c’est sérieux … En France du moins les vieux sont trop mal traités, ca donne froid dans le dos ce qu’ils subissent dans les maisons de retraites
jai vu le reportage de cette semaine parlant des personnes agés mal traités cetait en france ,cetait terrible et inhumain!!
malheureusement ca arrive de plus en plus dans notre societé !!