July 2008


Pensées08 Jul 2008 08:45 pm

Sa vie, c’est un roman infini.

 

  Un roman avec une préface bien trop longue pour être écrite en quelques lignes. Une introduction bien trop triste pour être transcrite sur du papier. Des chapitres bien longs, bien nombreux, mais qui auront hélas tous le même titre : La Peine.

 

  La peine, elle est capable à elle seule d’en donner dix milles explications. En parler des jours durant à un débit phénoménal de mots, qui seront tous différents, pourtant ils diront tous la même chose.

 

  Ils diront et témoigneront seuls de ce que nous ne pouvons imaginer ni décrire ni dire. Ils témoigneront de ce que la vie peut cacher à ses visiteurs et la façon dont elle les traite individuellement. Comment elle peut être généreuse avec certains et comment elle peut être méprisante et hautaine envers les moins désirer.

 

Ecoutez la parler et vous verrez que des mots aussi simples que dégout, perversion, de la vie et des habitants et douleur n’ont jamais eu un sens aussi significatif jusqu’au jour où vous les avez entendu sortant de sa bouche.

 

Votre vie prendre alors un tournant. Vous croyiez savoir, désormais vous savez plus. Vous croyiez connaître, désormais vous connaissez plus. Vous croyiez déjà à un stade de votre vie avoir un jour touché le fond, désormais vous savez que même si vous creusez avec tout le matériel sophistiqué du monde moderne, vous n’arriverez pas aussi profondément sous terre.

 

Vous croyiez connaître ce que l’enfer peut représenter, peut avoir comme coins et recoins, comme châtiments pour les uns et pour les autres, vous découvrez avec stupéfaction que l’image que vous en faites est plus proche du paradis que ce que la vie lui réservé à elle.

 

Vous restez alors bouche bée devant discours, incrédules jusqu’au plus profond de votre âme, comme si ces mots vous fusillent à une puissance incommensurable, des balles et des rockets qui sortent les uns enchainant sur la trajectoire des autres pour arriver en pleine face, vous déchiquetant en lambeaux.

 

Chaque balle vous pénètre le corps sous un angle différent. Vous sentez alors votre âme vibrer et en pleine impulsion. Chaque son de sa voix est un supplice en soit. Non tellement à cause d’un ton peu mélodique, ou d’une voix tout simplement lourde à écouter, comment dire ? Moche ? Loin de là, sa voix est douce et belle, mais elle vous touche tellement au plus profond de votre être qu’elle devient plus de l’ordre d’un supplice.

 

A continuer …..

Pensées08 Jul 2008 09:52 am

Je fais ce rêve mitigé et trouble, d’un monde sans vie et sans haine, d’un monde différent et indifférent.

 
Un champ de ruines, dans lequel je suis seul. J’y erres avec indifférence au milieu de débris d’une vie qui a un jour existé et qui aujourd’hui est défigurée, oubliée, et transformée en des cendres emportées par le vent et la pluie, emportées par le temps et l’oubli.

 

J’avance dans ce décor cauchemardesque sans but précis, si ce n’est celui d’avancer tel un zombi. Avancer pour me prouver que je suis, que j’existe bel et bien et que je suis la preuve d’une vie.

 

A moins que je n’avance pour éviter de regarder cette unicité qui est devenue soudainement mienne et qui doit sembler être  un désastre naturel, une remise en cause de l’existence en tant que telle, une approche inévitable de l’apocalypse, de la fin de la vie, de la discontinuité qui régnera désormais sur ce monde, du jugement dernier, de la fin de tout ?

 

Au lieu de quoi, je continue d’avancer, en tirant des bouffées bien longues et machinale sur une cigarette de fortune, roulée avec un bout de papier journal, avec un tabac séché que j’ai déniché je ne sais où !!

 

Un regard vide, un fantôme passant son chemin, un fantôme de la nuit, de la vie, un fantôme dont on ignore l’existence et qui et qui n’a pas l’air non plus de s’intéresser lui-même à cette existence, à cette vie.

 

Un automate ayant la capacité d’éprouver des sentiments, de la haine, de l’amour, de la lassitude, de l’ennui, de la joie, de l’espoir et du désespoir.

Peut être bien qu’il a toutes ces capacités, mais il ne s’en sert pas, il n’en a rien à faire, et cela ne le dérange même pas.

  

La seule préoccupation qui me tourmente l’esprit, c’est savoir s’il existe encore sur cette planète des cachettes secrètes de tabac dans lesquelles je pourrais dénicher quelques paquets, parce que du papier journal, c’est vraiment dégueulasse au bout des lèvres.

 

La cigarette se consomme peu à peu, tabac et journal, tout se brûle et se transforme en cendres. Une odeur alors s’en dégage, une odeur de brûlé mélangé à un air abîmé des odeurs de la mort qui règne sur cette ville, une odeur qui me chatouille les narines et qui m’accompagne le long de mon chemin, un chemin sans issue.