Le navire de l’oubli

Partir loin, trés loin, sans se retourner, sans regret, sans amertume. Tout laisser et délaisser, un passé mitigé, entre souvenirs doux et tendres d’une enfance elle même bizaroide, aux souvenirs plus récents et enfouis d’une vie adolescente aus limites non bien définies.

Partir loin sans se déplacer, sans bouger physiquement. J’ai bien essayé de m’échapper à bord du navire de la fuite, une fuite bien physique, et seulement physique. Embarqué au bord de ce navire rempli à raz bord de cadvres, de morts vivants, s’entassant les uns sur les autres, tel un cargo rempli de marchandise, une marchandise ?
non, je dirais plus un cargo rempli de viande, une chaire empilée, entassée . des têtes de détérés, des têtes bizarement constituées, bizarement reconstituées. Des yeux vide, sans regard, vous donnant une nausée indeterminée, insupportable. Ils vous regardent sas vous regarder, ils sont là, sans exister, ils sont pointés sur vous, sans vous juger, sans vous dévisager.
Comme si ils vous souhaitent la bienvenue, la bienvenue dans le monde des phantomes.
“Toi aussi tu en fais partie de ce voyage? Malheur à toi, toi qui nous rejoint. Un malheur partagé, un malheur éternellement insupportable.”

Alors, machinalement, j’ai pris une place à bord, une non désignée, mais tout de même non disputée. Une paisibilité apparente se dégager de cet atmosphère. Sauf que, elle n’est qu’apparente. Un silence qui dure. Un silence orchestré par des soupirs venant du fond de tout et chacun.

On a pris place au bord d’un navire de l’oubli, un navire vous conduisant dans les replis de la vie, dans ses routes cachées.

Le vent de l’indifférence se leva, poussant notre navire vers une route inachevée, un voie maritime qui s’éloigne pour rejoindre au bout l’horison.

J’ai jeté un coup d’oeil distré vers notre destination, avant de rapidement me replonger dans ma fuite intieure, ma fuite de mes réalités.

Me voilà un phontome parmis tant d’autres. Le comble de la satire de la vie, de se trouver emprisinné là, pour une fois en groupe. Vous me diriez, en voilà une façon d’échapper à la solitude, être en groupe.

Foutaise, me revoilà replongé dans un modèle social auquel je voulais échaper.

Mon navire s’élogina, sans que pour autant mes craintes j’ai pu confronter.

Mon navire s’éloigna, jusqu’à ne plus voir les côtes …

Peu à peu il se dérigea, vers un but mystérieux, érrant dans les océans de la vie, noyé dans l’obscurité.

Vous pouvez Leave a comment ou Suivre les commentaires ou faire un TrackBack.

2 commentaires deja

  1. Sisyphe October 3, 2007 20:59

    J’ai adorée cette métaphore filéequi se poursuit indéfiniment de la fuite vers l’oubli avec son chargement lugubre, avec tout ce qu’il y a comme désespoir , de tristesse et de malheurs enfouis. Ce navire errant vers l’infini trouvra un port d’attache, car l’homme est ainsi fait, il a besoin de s’accrocher, c’est vital pour lui.Ainsi, son chargement pourrait s’alléger, et pourquoi pas reprendre vie petit à petit.J’adore votre lyrisme. Il ne peut laisser personne indifférent.Sois en sûr!

  2. aychu October 4, 2007 20:03

    :D
    Merci d’avoir laissé ce message.
    Je ne croyais pas que quelqu’un aurait la patience de lire tout le texte. J’avoue il est peut être un peu long, mais étant donné qu’il me tient à coeur, ce commentaire me fait plaisir !!

    :)

    Cette métaphore est un peu inspirée d’un bouquin que j’avais lu … De Tahar Ben Jaloun, qui s’intitule “Partir”

    Je le conseille vivement !!

Laissez un commentaire