Beau rêve que ce fut. A force d’acharnement du sort, j’ai fini par croire que les rêves sont miens et que la réalité ne peut autre.
Elle a su faire jaillir en moi ce que je ne connaissais point, des réactions chimiques traversant tout mon corps de bout en bout. Le faisant chavirer, chaque goûte de mon sang la connaît et crie son nom haut et fort. Mon cœur est sien, ne battant que pour me rappeler ma quête, pour me rappeler que c’est elle ma finalité.
Elle a planté délicatement les graines des rêves, les semences d’un bonheur que je croyais certains. Ils ont grandit dépassant mes espérances et ma volonté. Plantant ses racines dans mon âme, arrosés par ses paroles, elle, la femme ange, la déesse humaine, elle a su me charmer.

Voilà qu’aujourd’hui ces rêves ou ses rêves ou mes rêves, à vrai je ne sais plus, enfin, ces rêves devenus désormais mes chimères.

Tel un mirage en plein désert elle apparaît. Une sirène au bout de mes doigts, si proche, si réelle, tenant dans ses mains une coupe, la coupe de l’amour.
Alors, avec le peu de forces qui me restent je lui cris :
« Laisse moi boire, fais moi goûter l’ivresse de ton amour dans ta coupe. Ne me prives point, je ne peux continuer, je suis assoiffé. Donnes moi cet amour que tu m’a promis. »

Alors, elle approcha délicatement sa coupe. Je sens que mes lèvres asséchées y sont presque trompées. Je ressens l’odeur me taquiner les narines, fleurant avec mon âme, mes sens. Et puis….. sans dire un mot, elle disparaît, elle a disparu à jamais et elle me manque.

Le pardon n’est certainement pas sa quête ni s’en préoccupe-t-elle. Elle a joué son jeu, et elle fila.